
vitrail de la Visitation

Ce vitrail met en scène la rencontre de Marie et de sa cousine Elisabeth, lorsque Marie s'est empressée d'aller voir Elisabeth dès lors que l'Ange Gabriel lui a annoncé que sa cousine et parente était enceinte et en était à son 6ème mois de grossesse.
Sur le perron de la porte restée ouverte, sur un escalier, Marie et Elisabeth se rencontrent d'une manière touchante. On y sent à la fois la proximité et l'intimité qu'elles partagent à cause de la connaissance surnaturelle qu'elles ont chacune de l'évènement de leur rencontre, puisque le plus grand des prophète est dans le sein de l'une, et que le Sauveur du monde qu'il est chargé d'annoncer est dans le sein de l'autre. L'Esprit Saint qui couvre l'évènement et insuffle l'échange inouï qui a lieu entre les deux femmes a une belle place en haut du vitrail. Elisabeth est couverte d'un vêtement teint de pourpre recouvert d'un manteau vert, symbole de l'Espérance du bien à venir, du Salut qui se présente.
Un mot sur le choix de la couleur pourpre des vêtements d'Elisabeth : au départ, je voulais mettre du violet, symbole de pénitence et d'attente. Mais la couleur violette est apparue tardivement dans la liturgie et n'a pas de sens particulier, si ce n'est que de symboliser un temps de pénitence – et cette couleur est très adaptée à ce sentiment. J'ai préféré le pourpre pour plusieurs raisons : d'abord il est très proche du violet, et peut rappeler une forme de pénitence à travers ce temps d'attente. Mais surtout, c'était une teinte très couteuse à l'époque et réservée aux dignitaires, aux classes sociales les plus aisées. Dès lors, Elisabeth et Marie étant de lignée royale (celle du roi David), ne fallait il pas souligner à la fois la haute dignité de leur statut social, mais aussi l'humilité dont elle faisaient preuve y compris dans le vêtement puisque le pourpre est très proche de la couleur que l'Église adoptera comme signe de pénitence de nombreux siècles plus tard ?
Un motif architectural sur le perron de l'escalier confirme le haut rang social d'Elisabeth et Zacharie : Ce dernier, grand prêtre, était l'une des rares personnes à être autorisée à pénétrer dans le Saint des Saints une fois l'an, lorsque son tour était venu. On ne pouvait guère être de rang plus élevé à l'époque : nul n'avait le droit de pénétrer dans le Saint des Saints, hormis un des grands prêtres à tour de rôle désigné d'une année sur l'autre. Et le temple de Jérusalem était d'une richesse, d'une beauté inouïe qui dépassait certainement les plus belles œuvres architecturales que les hommes créèrent ensuite.
Marie quand à elle était vêtue d'un manteau bleu qui couvrait une robe de couleur lin que l'inspiration m'a fait équiper de manches blanches, ainsi que le tour de cou. Figurez vous qu'après avoir posé le vitrail, j'apprenais que la France possédait la relique d'un manteau de Marie, que ce manteau était bleu et qu'il avait été brûlé par les révolutionnaires. Mais aussi, je recevais fortuitement un mail d'un site marial qui montrait en photo une robe de Marie, qu'une paroisse française possède et qui est exposé une fois l'an : et sur les manches de cette robe sont cousues un dessus de manche blanche, tout comme pour le tour de cou est cousu de blanc : voici la photo de cette robe lors de son exposition. Seule l'élément de décoration du vêtement, une sorte de boutonnière, est une fantaisie de mon esprit, que j'intégrais avec les autres éléments de décor de la robe de la Sainte Vierge en ignorant qu'eux étaient bien réels !
Ne pouvant placer le ciel partout de manière uniforme sans pouvoir éviter des coupes de verre qui eurent été inesthétiques pour un ciel bleu, j'ai réduit la partie du ciel à une pièce qui pouvait être facilement coupée, et remplacé le ciel envisagé par un mur de pierres aux jointures caractéristiques des constructions de l'époque. De même pour le positionnement des personnages sur l'escalier et son muret qui évitait des complications (représentation des pieds). C'était là encore sans savoir qu'une mystique récente, qui a eu la vision de la scène de la Visitation, a bien précisé que la rencontre de la Sainte Vierge et d'Elisabeth s'est faite au pied d'un escalier, avec un mur derrière elles…
J'ai reproduit le relief de la ville d'Ein Kerem, en Israël, où a eu lieu la Visitation et quelques éléments de la flore locale : des cactus et de l'Aloe Vera.
Pareillement, cet évènement est marqué par le le Magnificat que prononce Marie sous l'insuffle de l'Esprit Saint en réponse à l'accueil et aux paroles d'Elisabeth. C'est bien par Marie, reine de l'Univers pour l'éternité que Dieu a désiré cette rencontre.